On peut coller au mot RSE de nombreuses définitions. La définition première de la RSE est Responsabilité Sociale des Entreprises, mais pour sortir du simple cadre social, et montrer toutes les dimensions que peut couvrir la RSE, on peut aussi trouver les noms de Responsabilité Sociétale des Entreprises.

Une nouvelle définition tend à arriver, Responsabilité Sociale et Environnementale. De cette difficulté de trouver une définition fixe on peut en comprendre la complexité de la RSE, qui traduit la volonté des entreprises de mieux prendre en compte les personnes et la planète dans leurs activités. La RSE, peut importe les mots qui se glissent sous ses grandes lettres, doit avant tout rester :
- une démarche volontaire
- une préoccupation globale impliquant tous les partenaires
- un facteur de performance au même titre que d’autres investissements
Bien que les textes de loi et les normes occupent une grande place médiatique au sujet de la RSE, il ne faut pas perdre de vue pour vous, qui souhaitez mettre en place une politique RSE, que cette dernière est une démarche VOLONTAIRE. La RSE est avant tout un choix, à ne pas prendre à la légère, qui va ainsi guider l’action et mener à des décisions extra-normatives, qui vont dépasser le simple cadre législatif. Se contenter de respecter la loi en matière sociale, environnementale ou tout autre domaine n’est pas une preuve de responsabilité, mais une démarche simplement législative. D’ailleurs, la loi n’est pas vraiment adaptée aux exigences de responsabilité, et propose des fuites, des échappatoires légaux, pour éviter d’assumer sa responsabilité. On peut par exemple parler de l’obligation faite aux entreprises d’employer des travailleurs handicapés. « Tout employeur du secteur privé et tout établissement public à caractère industriel et commercial occupant 20 salariés ou plus, doit employer, dans une proportion de 6 % de son effectif salarié » dit la loi. Mais cette obligation d’emploi en faveur des travailleurs handicapés dit aussi que « les employeurs tenus à l’obligation d’emploi peuvent s’acquitter de cette obligation en versant à l’AGEFIPH une contribution annuelle pour chacun des bénéficiaires qu’ils auraient dû employer« . Par contribution annuelle il faut plutôt entendre pénalité financière, qui est souvent préférée. Bien que l’insertion de travailleurs handicapés a progressé au sein des entreprises, se borner à respecter la loi pourrait signifier payer une amende… Est-ce cela la responsabilité ?
Bien que l’insertion de travailleurs handicapés a progressé au sein des entreprises, se borner à respecter la loi pourrait signifier payer une amende… Est-ce cela la responsabilité ?
On retrouve la même ambiguïté dans le domaine de la pollution. Le droit en matière d’environnement impose aux entreprises des quotas de rejets de CO2, et limite ainsi les émissions de gaz à effets de serre. Une bonne chose, mais lorsqu’une entreprise n’atteint pas ses quotas, elle peut revendre ce droit à une entreprise qui, elle, pollue plus. Il existe ainsi un véritable marché du CO2, avec un cours pour la tonne de CO2… et des trader ! En 2008, ce sont 80 milliards d’euros de valeur de quotas qui se sont échangés, représentant environ 3 milliards de tonnes de CO2. Le système de quotas a d’ailleurs été renouvelé pour de nombreuses années, de quoi susciter des vocations de Jérome Kerviel en version écologique. Faire du trading de CO2, est-ce véritablement responsable, plutôt que d’assumer et respecter ses quotas ?
Certains prétendent que la RSE est le nouveau gadget, mis en avant par le management, pour apporter en externe une couche de peinture verte à l’image de l’entreprise, et en interne une paix sociale retrouvée
Pour afficher une véritable responsabilité, et en être fier, il me parait bien plus logique de privilégier l’esprit de la loi plutôt que les textes, qui donnent des voies de sortie légales, mais moins responsables ?
L’idée même de la RSE, et ses volets sociaux et sociétaux, implique une reconnaissance de tous les acteurs de l’entreprise.
- Les détenteurs du capital de l’entreprise,
- La direction de l’entreprise,
- Les employés de l’entreprise
Tous les partenaires internes comme externes, doivent s’imbriquer dans le processus de RSE, les différents acteurs de l’entreprise seront aussi ceux de la RSE, qui n’est pas une idée imposée, mais bien le fruit d’un travail collaboratif, traduction d’un engagement et d’une éthique globalisée. La RSE est plurielle et collective, et ne trouvera sa réalisation que grâce à l’implication du personnel, a qui l’on propose de devenir acteur.
Certains prétendent que la RSE est le nouveau gadget, mis en avant par le management, pour apporter en externe une couche de peinture verte à l’image de l’entreprise, et en interne une paix sociale retrouvée, lorsque la communication a échoué. Pas faux. Oui, certains dirigeants peuvent voir dans la RSE un outil derrière lequel se réfugier pour dialoguer avec les salariés. Cela est vrai, mais si l’on reste dans des entreprises aux niveaux hiérarchiques rustiques, cloisonnés, et ou l’horizontalité n’est pas arrivée. La RSE n’est et ne doit pas être l’unique canal d’échange entre direction / salariés, sous peine de phagocyter certains sujets sensibles.
Il faut se servir de la RSE pour grandir. Grandir socialement, humainement, éthiquement, mais aussi grandir en terme financier. La RSE est un outil clé, facteur de performance, mais qui doit avant tout guider une quête de sens de l’entreprise. Qu’en dites vous ?
Crédit photo : net_efekt